À Dubaï, 0 % d'impôt local sur les loyers et la plus-value — mais pour un résident fiscal français, la convention de 1989 encadre ce que vous devez encore déclarer en France.
Sommaire
- Fiscalité à Dubaï pour un résident fiscal français : qu'est-ce qui change vraiment ?
- Cas chiffré : ce que paie réellement un résident fiscal français sur un loyer de Dubaï
- Résident fiscal français ou résident fiscal émirati : où se situe la vraie bascule ?
- Impôt sur les sociétés, TVA, plus-value : les autres impôts qui peuvent vous concerner
- Pourquoi ce cadre existe : la convention de 1989 et le régime fiscal des EAU
- Succession, obligations déclaratives, taux effectif : les points de vigilance
La fiscalité à Dubaï pour un résident fiscal français repose sur un principe simple : les Émirats ne prélèvent aucun impôt sur les revenus locatifs ni sur la plus-value d'un particulier (0 %, selon le portail officiel du gouvernement des EAU), mais tant que vous restez domicilié fiscalement en France, votre imposition n'y disparaît pas pour autant — elle est encadrée par la convention franco-émiratie de 1989.
Toute la difficulté tient à une confusion fréquente : posséder un bien à Dubaï ne fait pas de vous un résident fiscal des Émirats. Le lieu du bien et votre résidence fiscale sont deux choses distinctes, et c'est cette distinction qui détermine ce que vous paierez réellement.
Fiscalité à Dubaï pour un résident fiscal français : qu'est-ce qui change vraiment ?
Pour un résident fiscal français, la fiscalité à Dubaï se joue sur deux plans : 0 % d'impôt prélevé aux Émirats sur les revenus locatifs et la plus-value d'un particulier, mais une imposition française qui ne s'efface pas automatiquement. Elle est organisée par la convention entre les deux pays.

Le mécanisme repose sur la convention fiscale France-EAU signée en 1989. Elle attribue l'imposition des revenus immobiliers aux Émirats et élimine la double imposition par un crédit d'impôt égal à l'impôt français, selon le BOFiP. Concrètement, l'impôt français dû sur ce revenu est neutralisé.
Le cas chiffré ci-dessous montre comment ce mécanisme se traduit sur un loyer réel.
Cas chiffré : ce que paie réellement un résident fiscal français sur un loyer de Dubaï
Déroulons le parcours d'un loyer sur un bien réel. À Arjan, le loyer atteint 106 AED/pi²/an pour un prix de 1 485 AED/pi², soit un rendement brut calculé de 7,1 % selon les données Bayut (mars 2026). Voici les trois étapes fiscales de ce loyer.

- Étape 1 — aux Émirats : aucun impôt prélevé sur ce loyer, les particuliers n'étant pas soumis à l'impôt sur le revenu selon le portail officiel du gouvernement des EAU.
- Étape 2 — report en France : le loyer est déclaré, l'impôt français calculé, puis annulé par un crédit d'impôt égal à ce même impôt français, en application de la convention de 1989.
- Étape 3 — effet taux effectif : ce loyer, bien qu'exonéré d'impôt propre, s'ajoute à vos revenus pour déterminer votre taux moyen d'imposition, appliqué ensuite à vos autres revenus imposables en France.
Autrement dit, le loyer de Dubaï ne génère pas d'impôt direct en France, mais il peut faire monter d'un cran le taux appliqué à vos revenus français. Le rendement de 7,1 % reste par ailleurs un rendement brut : les charges le réduisent, comme le détaille notre guide sur l'imposition des revenus locatifs pour un particulier.
Résident fiscal français ou résident fiscal émirati : où se situe la vraie bascule ?
La bascule ne dépend pas de la possession d'un bien mais de votre situation personnelle réelle : foyer, lieu de séjour principal, activité professionnelle et centre des intérêts économiques. Acheter un appartement à Dubaï ne transfère jamais, à lui seul, votre résidence fiscale.

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Le Golden Visa n'y change rien sur ce point. Ce titre de séjour de dix ans, ouvert dès 2 000 000 AED d'investissement immobilier selon le portail officiel du gouvernement des EAU, autorise à résider aux Émirats sans emporter automatiquement une résidence fiscale émiratie. Ses conditions sont détaillées dans notre guide sur le Golden Visa Dubaï par l'immobilier.
Ce qui change si vous transférez vraiment votre résidence fiscale
Si vous déplacez effectivement votre foyer aux Émirats — installation réelle, séjour principal, intérêts économiques sur place — vous sortez du champ de l'impôt français sur vos revenus mondiaux. Mais cela suppose une résidence effective, pas une simple déclaration.
Chez mes clients, l'erreur la plus coûteuse n'est jamais l'achat lui-même : c'est de croire qu'un visa suffit à couper le lien fiscal avec la France. Je vois régulièrement des dossiers où le foyer réel est resté à Paris.
— Benoit CLAUDEL, Directeur Stratégie & Opérations
Les questions de statut d'acheteur relèvent d'autres sujets : le financement pour non-résidents et l'ouverture d'un compte bancaire aux Émirats.
Impôt sur les sociétés, TVA, plus-value : les autres impôts qui peuvent vous concerner
Au-delà de l'impôt sur le revenu, trois prélèvements existent aux Émirats — mais aucun ne touche un particulier détenant un logement en nom propre. Voici la carte complète.

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| Impôt | Taux | Qui est concerné |
|---|---|---|
| Impôt sur les sociétés | 9 % au-delà de 375 000 AED de bénéfices | Sociétés uniquement — pas la détention en nom propre |
| TVA résidentiel | 0 % | Ventes et locations de logements |
| TVA commercial | 5 % | Biens commerciaux |
| Honoraires d'agence (secondaire) | 2 % + 5 % de TVA | Acheteur |
L'impôt sur les sociétés de 9 % s'applique depuis juin 2023 aux bénéfices dépassant 375 000 AED, selon la Federal Tax Authority — un particulier propriétaire en direct n'y est pas soumis. Côté TVA, le résidentiel est à 0 % (ventes et locations), le commercial à 5 %.
La plus-value de revente est elle aussi à 0 % localement pour un particulier. Son traitement conventionnel côté France suit la même logique que les loyers ; le processus est décrit dans notre guide sur la revente d'un bien à Dubaï. Pour savoir quand détenir via une structure et à quel moment le 9 % se déclenche, voyez notre guide sur la détention via une société.
Pourquoi ce cadre existe : la convention de 1989 et le régime fiscal des EAU
Ce cadre repose sur un régime fiscal émirati très léger pour l'immobilier résidentiel détenu en nom propre : pas d'impôt sur le revenu des particuliers, et des prélèvements récents qui ne visent pas ce cas. L'impôt sur les sociétés à 9 % date de 2023, la TVA à 5 % s'applique au commercial — le logement résidentiel en direct reste hors de leur portée.

La convention France-EAU, signée le 19 juillet 1989, poursuit deux objectifs selon le BOFiP : éviter la double imposition des revenus immobiliers, tout en conservant à la France le droit de calculer votre taux effectif. C'est ce compromis qui explique pourquoi l'impôt est neutralisé sans que l'obligation déclarative disparaisse.
Enfin, l'investissement lui-même n'est possible que grâce à la pleine propriété ouverte aux étrangers depuis 2002 dans les zones désignées, comme l'explique notre guide sur le freehold et les zones autorisées.
Ce régime fiscal s'applique quel que soit le quartier : un appartement à Business Bay et une villa à Dubai Hills relèvent exactement des mêmes règles. Le taux d'imposition ne dépend jamais de l'adresse, contrairement au rendement, dont la médiane du marché s'établit à 5,6 % selon les données Bayut.
Succession, obligations déclaratives, taux effectif : les points de vigilance
Le principal risque n'est pas fiscal mais successoral, doublé de deux pièges déclaratifs bien identifiés. Trois points méritent votre attention.

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La succession, souvent oubliée
Par défaut, la charia peut s'appliquer aux successions aux Émirats. Un testament enregistré auprès des DIFC Courts (DIFC Wills) ou des tribunaux de Dubaï sécurise la transmission pour les non-musulmans. À anticiper avant même l'achat.
Le piège du « zéro impôt »
Croire que 0 % local signifie « rien à déclarer en France » est une erreur fréquente. L'obligation déclarative et l'effet du taux effectif demeurent, même sans impôt dû sur le revenu de Dubaï.
Le piège de la fausse résidence fiscale
Se déclarer résident émirati sans avoir réellement transféré son foyer expose à un redressement. La convention n'est pas un outil d'optimisation à la carte : elle ne remplace pas un conseil fiscal personnalisé, et l'application dépend de votre situation exacte.
Enfin, absence d'impôt local ne veut pas dire absence de coûts. Les service charges annuelles, de 3 à 30 AED/pi²/an et régulées par la RERA via Mollak, s'ajoutent chaque année ; notre guide sur les service charges les détaille. Pour la déclaration et l'application de la convention, Lucretia vous oriente vers un accompagnement sur-mesure.
Cet article fait partie de notre guide
Guide d'investissement immobilier à Dubaï pour l'étranger
À propos de l'auteur

Benoit CLAUDEL
Directeur Stratégie & Opérations
Avec plus de 18 années d'expérience dans l'immobilier et la gestion de patrimoine, Benoît a développé une expertise reconnue dans l'accompagnement d'investisseurs privés, dirigeants d'entreprise et family offices. Après avoir débuté en agence immobilière et travaillé au sein de l'un des cabinets de gestion de patrimoines les plus réputés de Paris, il rejoint ensuite LCL en tant que Responsable Banque Privée Île-de-France, conseillant des clients à hauts revenus sur leurs stratégies immobilières. Entrepreneur, il fonde et dirige pendant 7 ans son propre cabinet de gestion de patrimoine, structurant des solutions d'investissement et d'optimisation patrimoniale. Aujourd'hui chez Lucretia, Benoît supervise la stratégie opérationnelle, la performance commerciale et la formation des conseillers. Il intervient sur les dossiers à forte valeur ajoutée, notamment les investissements via holding française, la structuration juridique et la fiscalité patrimoniale.







